LEMAITRE, Georges Henri Joseph Edouard
- Naissance: le 17 Juil. 1894, Charleroi, , Hainaut, Belgium 3128
- Décès: le 20 Juin 1966, Leuven, Brabant, Belgique à l'âge de 71 ans
Notes générales:
Physicien, Astonome, Professeur à l'Université Catholique de Louvain. Ordonné prêtre le 22.9.1923; Chanoine dès 1935; En 1951, en désaccord avec un discours de Pie XII; En 1960: nommé Prélat Domestique du Pape Jean XXIII et Président de l'Académie pontificale des sciences. Il a créé la théorie cosmologique du "BigBang". Il était pianiste amateur.
voir: http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Lemaître
Biographie publiée à l'occasion d'une exposition à l'UCL. LEMAITRE (Georges - Henri - Joseph - Edouard, Mgr), astronome, cosmologiste et professeur à l'Université catholique de Louvain, né à Charleroi le 17 juillet 1894, décédé à Louvain le 20 juin 1966.
C'est dès l'âge de 9 ans que Lemaître pressent sa double vocation, celle de futur prêtre et de scientifique. Après des humanités chez les jésuites, il entre à dix-sept ans à l'école d'ingénieur de l'Université catholique de Louvain. En 1914, il interrompt ses études et s'engage comme volontaire dans l'armée belge. A la fin des hostilités, il recevra la Croix de guerre avec palmes.
Il entreprend alors l'étude de la physique et des mathématiques et s'oriente vers l'état sacerdotal. Il obtient un Doctorat en 1920 avec une thèse sur "L'approximation des fonctions de plusieurs variables réelles" sous la direction de Charles de la Vallée Poussin.
La tragédie de la guerre à laquelle il a participé l'a profondément marqué : il entre au séminaire de Malines et est ordonné prêtre en 1923. Mais ni la guerre, ni ses études, ni sa vocation n'ont tari sa curiosité : dès 1920, il a pris contact avec la théorie de la relativité et l'a parfaitement assimilée.
En 1923, il obtient la bourse de voyage du gouvernement belge ainsi qu'un fellowship du Committee for Relief in Belgium de la Belgian American Educational Foundation. Il peut ainsi se rendre à l'Université de Cambridge (Angleterre) chez l'astronome - relativiste Arthur Stanley Eddington qui l'initie à l'astronomie stellaire moderne et aux méthodes numériques. Il passe l'année suivante au Harvard College Observatory de Cambridge (USA) chez Harlow Shapley qui venait de s'illustrer par ses travaux sur les nébuleuses et au M.I.T., où il s'inscrit au doctorat en sciences.
De retour en Belgique, il est nommé chargé de cours à l'Université catholique de Louvain en 1925. Il met alors en chantier le mémoire qui lui apportera la notoriété internationale et qui paraîtra en 1927 dans les Annales de la Société scientifique de Bruxelles, sous le titre "Un Univers homogène de masse constante et de rayon croissant rendant compte de la vitesse radiale des nébuleuses extragalactiques". Il y présente une toute nouvelle conception : l'expansion physique de l'Univers. Einstein, tout en approuvant les mathématiques de la théorie du chanoine Lemaître, refusera, dans un premier temps, d'accepter l'idée d'un Univers en expansion. Il le croyait immuable, mais reconnaîtra plus tard que ce fut la plus grande erreur de sa vie. Peu soucieux des honneurs, Lemaître n'a pas jugé bon de se faire plus amplement connaître, ni de faire publicité à son article. En fait, il était déjà concentré sur un nouveau défi : résoudre le problème du commencement de l'Univers.
Cette même année 1927, il retourne présenter au M.I.T. sa thèse de doctorat sur "The gravitational field in a fluid sphere of uniform invariant density according to the theory of relativity". Il est reçu "Doctor of Philosophy" et est nommé ensuite professeur ordinaire à l'Université catholique de Louvain.
En 1931, son ancien maître Eddington publie une traduction anglaise de l'article de 1927 ainsi qu'un long commentaire. Lemaître fut alors invité à Londres afin de participer à une réunion de la British Association sur la relation entre l'univers physique et la vie de l'esprit. C'est là qu'il propose un début singulier de l'univers en expansion et lance l'idée de l'"Atome Primitif" qu'il précise dans un mémoire publié dans les Monthly Notices of the Royal Astronomical Society. Cette proposition provoqua une réaction très vive de la communauté scientifique de l'époque. Eddington qualifia cette hypothèse de rébarbative.
Quant à Einstein, il la trouva suspecte car, selon lui, elle évoquait trop le dogme chrétien de la création et était non défendable du point de vue physique. Le débat entre cosmologie et religion prit des allures polémiques et durera plusieurs décennies. Dans ce débat, Lemaître sera un acteur fondamental qui ne cessera jamais de séparer clairement la science de la foi.
Lemaître rencontra Einstein à diverses reprises. En 1927 à Bruxelles, lors d'un congrès Solvay. En 1931 et 1933, à l'athenaeum de Pasadena (Californie), en 1932 en Belgique, lors d'un cycle de conférences à Bruxelles et une dernière fois en 1935 à Princeton.
En 1933, année où il reprit et approfondit la théorie de l'Univers en expansion (publiée dans les Annales de la Société Scientifique de Bruxelles), Lemaître connaîtra sa plus grande gloire. Les journaux américains l'appellent le "fameux scientifique belge" et il sera qualifié de leader de la nouvelle physique cosmologique.
Le 17 mars 1934, l'abbé Lemaître reçut le Prix Francqui, la plus haute distinction scientifique belge, honneur qui lui fut remis par le Roi Léopold III. Ses parrains étaient Albert Einstein et les académiciens Charles de la Vallée Poussin et A. de Hemptinne. Les membres du jury international étaient Eddington, Langevin, de Donder et Dehalu. Une autre distinction que le gouvernement belge réserve aux savants exceptionnels lui fut accordée en 1950 par l'octroi du prix décennal des sciences appliquées pour la période 1933-1942.
En 1936, il fut élu membre de l'Académie Pontificale des Sciences. Il y prit une part active, en devint le président en mars 1960 et le resta jusqu'à sa mort. Il fut nommé également Prélat en 1960.
En 1946, il publie son livre sur l'Hypothèse de l'Atome Primitif aux Editions du Griffon à Neuchâtel, livre qui allait être traduit en espagnol la même année et en anglais en 1950.
Pendant la décennie 1950, il abandonna graduellement une partie de sa charge d'enseignement pour la cesser complètement à son éméritat en 1964.
A la fin de sa vie, il se consacra de plus en plus au calcul numérique. Il était en fait un calculateur, algébriste et arithméticien remarquable. Dès 1930, il utilisa les machines à calculer les plus performantes de l'époque comme la Mercedes. En 1958, il introduisit à l'Université une Burroughs E 101, le premier calculateur électronique de l'Université. Lemaître garda un intérêt très grand pour le développement des ordinateurs et, plus encore, pour les problèmes de langage et de programmation. Avec l'âge, cet intérêt prit des proportions de plus en plus grandes au point de l'absorber presque complètement.
Sociable, dévoué à ses étudiants et collaborateurs, il resta toutefois un chercheur isolé et on ne trouve que peu de correspondances et d'échanges scientifiques avec ses pairs à l'étranger.
Si cet incontestable précurseur de la cosmologie moderne reste néanmoins dans l'ombre des grands noms du XXe siècle (Einstein, Eddington, Hubble et Gamov notamment), c'est probablement à cause du fait qu'il était prêtre (Fred Hoyle, qui est à l'origine de l'appellation du Big Bang, ne le lui a jamais pardonné !) et de l'ambiguïté de son personnage, à la fois modeste et imbu de lui-même. Modeste, parce qu'il n'a ni couru après les honneurs ni cherché à tout prix à se faire reconnaître. Imbu, dans sa manière d'affirmer, tout au moins en privé, ses capacités de mathématicien et l'originalité de ses idées. Mais cela ne l'a pas empêché d'avoir un caractère ouvert, franc, gai, optimiste, jovial, manifestant toujours une souplesse d'esprit remarquable.
L'abbé Georges Lemaître enfin reconnu comme l'un des pères du Big Bang Par Journaliste Figaro Cyrille Vanlerberghe Publié le 09/11/2018 à 12:47
<http://www.lefigaro.fr/sciences/2018/11/09/01008-20181109ARTFIG00117-l-abbe-georges-lemaitre-enfin-reconnu-comme-l-un-des-peres-du-big-bang.php?fbclid=IwAR3wLLmB-XBZZdXocr-xZA208jC9vKZrllcJ8coxTBuBS8tTt8iZOIy9Xh8>
L'abbé Georges Lemaître enfin reconnu comme l'un des pères du Big Bang L'Union astronomique internationale recommande d'associer le nom du scientifique catholique belge à celui de l'américain Hubble pour décrire la loi d'expansion de l'univers.
Plus de cinquante années après sa mort, la communauté astronomique internationale a rendu un bel hommage au prêtre et astronome belge Georges Lemaître, en le reconnaissant de facto comme l'un des pères de la théorie du Big Bang. Fin octobre, les membres de l'Union astronomique internationale (UAI) ont très largement voté, avec 78% de bulletins favorables, pour recommander de renommer la célèbre loi de Hubble en loi de Hubble-Lemaître.
Cette loi a été la première à stipuler que plus une galaxie est lointaine, plus elle s'éloigne vite. Il s'agit là d'un effet mesurable de l'expansion continue de l'univers. Elle est surtout connue par une publication de l'astronome américain Edwin Hubble en 1929 dans les PNAS, qui l'avait écrite après avoir mesuré la vitesse d'éloignement de plusieurs galaxies. L'idée développée par l'abbé Lemaître est que si on inverse la trajectoire de toutes ces galaxies, et qu'on regarde où elles étaient dans le passé, on obtient une convergence, à un point unique, un état initial de l'univers que Lemaître a décrit comme , et qu'on appelle aujourd'hui le Big Bang.
L'abbé Georges Lemaître lors d'un cours à l'Université de Louvain en 1956. Le geste de l'Union astronomique internationale est évidemment très symbolique, mais il permet de rappeler la contribution majeure du scientifique belge.
Une traduction anglaise lacunaire Mais si la contribution de Georges Lemaître à cette théorie de l'expansion de l'univers était si fondamentale, pourquoi une reconnaissance si tardive par la communauté internationale?
, explique Piero Benvenuti. Dans son premier texte publié en Français dans les Annales de la société scientifique de Bruxelles, le scientifique belge avait non seulement décrit le phénomène de manière théorique, mais il avait aussi calculé le taux d'expansion de l'univers à partir de données publiées sur les vitesses et les distances de quelques galaxies. Malheureusement, , écrit très diplomatiquement l'UAI, pour ne pas dire que le travail du Belge passa presque totalement inaperçu.
Une personnalité discrète Deux ans plus tard, de l'autre côté de l'Atlantique, Edwin Hubble publie son article qui connaît au contraire un énorme retentissement. Il faut dire que l'astronome est déjà célèbre dans la communauté astronomique mondiale. La loi décrivant l'expansion de l'univers prend dès lors son nom. Quand la publication de Lemaître de 1927 est enfin traduite en anglais en 1931 dans une des revues de la Royal Astronomical Society, le scientifique belge demande que ses calculs sur le taux d'expansion de l'univers n'y figurent pas, puisqu'ils sont alors rendus obsolètes par la meilleure précision obtenue par l'étude de Hubble en 1929. , précise Piero Benvenuti.
L'abbé belge, longtemps professeur à la section francophone de l'Université de Louvain, n'a d'ailleurs jamais cherché à se mettre en avant, ou à disputer l'antériorité de la découverte de Hubble. , ajoute l'astronome italien.
Avant cette résolution de l'UAI, l'importance des travaux de Lemaître en cosmologie et en physique avait déjà été reconnue par un cratère qui porte son nom sur la Lune, ainsi que par un vaisseau de ravitaillement de l'Agence spatiale européenne baptisé ATV Georges-Lemaître.
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